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Les limites du recyclage

Le recyclage apparaît aujourd’hui comme une alternative inévitable qui nous permet de mieux préserver les ressources naturelles de notre planète. En tant que consommateur, on peut avoir l'impression que tout ce que nous jetons peut se recycler, que ce soit nos canettes en aluminium, nos bouteilles en plastique, notre carton d’emballage ou nos vêtements. Pourtant, mettre en place une filière de récupération et de valorisation de nos déchets n’est pas si simple. Alors, quelles sont les limites du recyclage ? 


Savoir séparer les matières à recycler

Des produits souvent issus de mélanges de matières

Le recyclage d’un produit n’est pas une évidence car les fibres et/ou matériaux qui le composent sont souvent issus d’un mélange de plusieurs matières. Ils sont rarement utilisés purs car en mélangeant des matériaux, on peut acquérir de nouvelles propriétés que la matière d’origine seule n’avait pas à la base. On peut, par exemple, ajouter des additifs pour rendre une matière plus souple, incassable, plus résistante aux frottements ou aux UV. Par exemple, beaucoup de nos plastiques sont des “composites”, c’est-à-dire qu’ils sont composés de plusieurs variantes de plastiques.

Les difficultés pour séparer les composants

Pour recycler correctement une matière, il faut être en capacité de séparer les composants du produit, de les isoler et d’éviter tout risque de contamination entre chaque matériau pour préserver les qualités propres à chaque matière. Une fois cette étape franchie, alors on peut recréer une nouvelle matière qui gardera toutes les propriétés de la matière première vierge. Enlever les impuretés présentes dans une matière garantit la qualité de la nouvelle matière première recomposée.

Là où le processus se corse, c’est lorsque l’on s’attaque aux emballages et produits multi-matières qui restent impossibles à séparer : la fine couche de plastique qui tapisse l’intérieur d’une canette en aluminium, le gras d’un burger qui contamine son carton d’emballage, la fibre de coton entrelacée à une fibre de polyester… Cette étape est très souvent dépendante de la technologie, que ce soit dans les procédés d’extraction ou dans les machines qui sont en capacité de séparer les matières. 

L’éco-conception : la clé du recyclage

Tous ces freins peuvent être levés si le produit est éco-conçu en amont. L’éco-conception, c’est concevoir un produit durable en respectant l’environnement, les personnes qui le fabriquent et celles qui vont l’utiliser, et en intégrant le cycle de fin de vie du produit. Dès la phase de conception, on anticipe et l’on prévoit le processus de recyclage pour tendre vers un circuit 0 déchet. 

La séparation des composants du produit sera alors plus facile car le produit aura été développé dans une optique d’économie circulaire. Le produit pourra donc servir à la création de nouveaux objets tout autant pérennes. Sans cette réflexion en amont, le recyclage peut s’avérer impossible même pour un matériau apparemment facilement recyclable.


2/ Être en capacité de structurer le processus de recyclage

La structure d’une filière de recyclage

La filière du recyclage a besoin de diverses structures pour fonctionner de bout en bout. Cette logistique nécessite des bornes de collecte, un service de ramassage, des équipements et machines, du personnel formé pour trier et des structures industrielles pour transformer la matière.

Prenons l’exemple du recyclage du verre sur la commune de Toulouse :

le recyclage du verre - les limites du recyclage

Source : Toulouse-metropole.fr

  • La filière du recyclage démarre grâce à l’action du citoyen, consommateur du produit fini et responsable de sa fin de vie. Il dépose le produit dans une borne de collecte prévue (recup’verre, poubelle “jaune”, déchetterie, récup’ ampoules, relais de vêtements, Cyclamed…)
  • Une fois déposé, un service de ramassage vient collecter le déchet et l’achemine vers un centre de tri dédié.
  • Le produit est à nouveau trié, lavé, broyé et conditionné pour être prêt à la transformation.
  • Il est ensuite acheminé vers la structure industrielle adaptée qui va le transformer en une nouvelle matière première.

 

On peut donc voir que tout procédé de recyclage implique nécessairement un trio d’acteurs : des citoyens, des structures publiques et des entreprises privées. 

Le recyclage à grande échelle grâce aux pouvoirs publics 

Pour généraliser le recyclage à grande échelle, comme avec le verre ou les cartons d’emballage, l’implication des pouvoirs publics apparaît nécessaire : en général, ils prennent à leur charge la mise à disposition des bornes de collecte des produits à recycler ainsi que leur ramassage mais ils participent également à la sensibilisation des citoyens et poussent au changement grâce aux lois ou directives appliquées. 

Par exemple, sur la commune de Toulouse, la mairie a mis en place des aides pour que les toulousains puissent mieux gérer leurs déchets alimentaires : elle apporte un soutien logistique en mettant à disposition des composteurs collectifs à implanter dans les résidences ou dans certains jardins publics. Elle propose également un soutien technique et de formation auprès des collectifs qui en font la demande, le tout gratuitement. Ce genre d’initiative publique permet d’élargir le nombre de contributeurs au recyclage des déchets organiques.

Il y existe des exceptions, comme avec la revalorisation des textiles et vêtements via les bornes de collecte Le Relais : les pouvoirs publics n’interviennent que pour donner l’autorisation de l’implantation d’un conteneur. Tout le reste du processus est géré par l’organisation, qui collecte et tri nos textiles pour les revendre dans des friperies en tant que vêtements de seconde main - pour les vêtements de bonne qualité - , les exporter vers d’autres pays, les transformer en matière première pour l’isolation ou en chiffons. A noter : ils acceptent tous les types de textiles, même les vêtements abîmés ou troués : ils seront directement convertis en isolants ou en chiffons.

Garder une logique économique rentable

Pour que ce processus reste viable à long terme, il faut que le recyclage reste rentable à toutes les étapes du process, notamment pour les entreprises privées en bout de chaîne qui récupèrent la matière pour la transformer ou la revendre. Il faut que le coût répercuté par les différentes étapes du recyclage soit inférieur au produit de la vente des produits ou matières recyclés. Voilà pourquoi les produits recyclés coûtent, en général, un peu plus cher que des objets issus du circuit conventionnel d’extraction des ressources de la planète : les matières seront passées par tout un tas d’étapes avant d’être à nouveau remises sur le marché.


La perte en qualité, une des limites du recyclage 

Pour certaines matières, les différents cycles de recyclage affaiblissent la matière première. C’est le cas des fibres textiles par exemple. À chaque étape de retraitement de la matière, les fibres textiles se retrouvent moins robustes, moins longues, plus fragiles. Voilà pourquoi la plupart des vêtements textiles recyclés sont composés d’une part de matière recyclée (coton, laine, polyester…), et d’une autre part de fibres dites “vierges”. Ce mélange garantirait une durée de vie plus longue aux articles de mode. 

Il existe d’autres matières comme le verre, l’aluminium, l’acier ou le cuivre, qui - en utilisant des procédés adaptés de collecte et les bonnes méthodes de séparation des impuretés - peuvent cependant rester recyclables à 100%, soit à l’infini, et sans perte de qualité !


Recycler consomme de l’énergie mais reste largement compétitif face à la production d’une matière “neuve”

On ne peut pas mettre de côté la quantité d’énergie qui doit être utilisée durant tout le processus de recyclage. Effectivement, collecter, ramasser, retraiter et transformer requiert de l’électricité, de la mécanisation, du transport, de l’eau, des traitements parfois chimiques… Mais recycler a souvent bien moins d’impact que de produire une matière “neuve” directement issue de ressources naturelles de la planète, qui doit elle aussi être cultivée ou extraite, traitée, acheminée... 

Là où le bilan carbone est excellent, c’est lorsque les énergies utilisées au recyclage des matériaux sont issues de ressources renouvelables. Le meilleur des déchets est celui qu’on ne produit pas, certes, mais lorsque ce déchet a déjà été produit, alors il devient impératif de le réutiliser au maximum. Réutiliser un objet ou une matière jusqu’au possible est une question de bon sens.


Le recyclage s’impose comme une alternative indispensable pour limiter notre impact environnemental

Recycler n’a de sens que si le produit est prévu pour être recyclé plusieurs fois, voire à l’infini pour certaines matières. Il faut veiller à ce que l’argument du recyclage ne deviennent pas un argument qui pousse à la déculpabilisation et à la consommation irraisonnée. Mais au final, investir dans ces procédés de recyclage en vaut la peine : on évite ainsi la pollution due à l’enfouissement ou l’incinération des déchets et l’on préserve les ressources de la planète

Il ne faut pas minimiser les difficultés rencontrées et l’énergie déployée nécessaire pour recycler les matières, mais aujourd’hui, cette logique de recyclage est devenue une nécessité absolue.

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Sources :